C’est une question que je reçois presque tous les jours au cabinet : « Sarah, je travaille depuis mon salon, est-ce que je peux déduire une partie de mon loyer de mes revenus professionnels pour payer moins d’impôts ? »
Pour être très honnête avec vous : dans 95 % des cas, la réponse est non.
Je sais que c’est frustrant, car le loyer représente souvent votre dépense mensuelle la plus importante, mais en Israël, la réglementation fiscale est extrêmement stricte sur ce point.
1. Pourquoi la déduction du loyer est généralement impossible ?
Le problème de la facture fiscale (Heshbonit Mas)
C’est la règle d’or de la comptabilité israélienne : pas de facture officielle, pas de déduction. La grande majorité des propriétaires en Israël sont des particuliers. Ils vous délivrent un reçu ou un contrat, mais ils ne possèdent pas de structure d’entreprise et ne peuvent pas émettre de Heshbonit Mas.
Un simple virement bancaire ou un reçu de virement ne suffira jamais en cas de contrôle fiscal.
La stratégie fiscale du propriétaire et le risque d’Arnona
Beaucoup de propriétaires profitent d’une exonération d’impôt sur les revenus locatifs. S’ils commençaient à vous émettre des factures professionnelles :
- Ils perdraient immédiatement leur avantage fiscal.
- La mairie pourrait basculer votre Arnona au tarif « bureaux », beaucoup plus cher que le tarif résidentiel.
2. La solution : Quelles charges pouvez-vous déduire au prorata ?
Même si le loyer est à exclure, tout n’est pas perdu. Si vous utilisez une partie de votre logement pour votre activité (un bureau dédié, un espace de travail), la loi vous autorise à déduire une quote-part de vos charges fixes.
En règle générale, on calcule cette déduction au prorata de la surface dédiée au travail, ce qui correspond environ à 20 % à 25 % du total de vos factures.
Charges déductibles au prorata :
- L’Arnona (Taxe foncière) – document officiel émis par la mairie.
- L’Électricité et l’Eau – ordinateur, climatisation, éclairages.
- Internet – indispensable pour la plupart des activités.
- Le téléphone – abonnement mobile ou fixe, au prorata de l’usage professionnel.
- Les frais de copropriété (Vaad Bayit) – si vous avez des reçus clairs.
3. Les conseils de l’expert pour éviter un contrôle fiscal
Conservez tous vos justificatifs
Ne jetez aucune facture, même si elle est au nom de votre conjoint(e). Si vous partagez le même foyer, la dépense reste justifiable.
Séparez le professionnel du personnel
Si votre activité grandit et que vous louez un véritable bureau ou un espace de coworking, exigez systématiquement une Heshbonit Mas. Dans ce cas, 100 % du montant sera déductible.
Restez raisonnable
Ne tentez pas de déduire 80 % de vos factures d’électricité si vous vivez en famille dans un 4 pièces. Les algorithmes du fisc connaissent les moyennes nationales ; un ratio anormalement élevé déclenche automatiquement des vérifications.