C’est une petite révolution qui s'est opérée dans mon bureau ces derniers mois. Souvent, quand j'accueille de nouveaux arrivants (Olim Hadashim) ou des anciens résidents qui rentrent au pays, ils arrivent avec cette idée bien ancrée : « Pendant 10 ans, je suis invisible pour le fisc israélien concernant mes revenus à l’étranger, n’est-ce pas ? »
Pendant longtemps, j'acquiesçais avec un sourire. Mais depuis ce 1er janvier 2026, mon discours a dû s'adapter. La règle du jeu a changé, et il est crucial que vous compreniez la nuance, car elle peut transformer un rêve en casse-tête administratif.
Voici ce que je raconte aujourd’hui à mes clients pour qu’ils dorment sur leurs deux oreilles.
1. La fin du "Silence Radio" : La transparence avant tout
C’est le changement majeur de la réforme 2026. Jusqu’à présent, les nouveaux résidents bénéficiaient d’un « package » complet : 10 ans sans payer d’impôts sur leurs revenus étrangers, ET 10 ans sans avoir à les déclarer. C’était le silence total.
Depuis le 1er janvier 2026, le silence est terminé. L’administration fiscale israélienne s’est alignée sur les standards internationaux de l’OCDE. Désormais, même si vous ne payez pas un shekel d’impôt sur vos loyers à Paris ou vos dividendes à New York, vous devez les déclarer dès le premier jour.
2. La bonne nouvelle : Le "Tax Holiday" est toujours vivant !
Rassurez-vous, tout n’est pas noir. Si l’obligation de déclarer est née, l’exonération d’impôt (le fameux « Tax Holiday » de 10 ans) reste bien en place.
Pendant vos dix premières années en Israël, vos revenus générés hors du pays — qu’il s’agisse de retraites, de loyers, d’intérêts ou de gains en capital — restent exonérés d’impôt en Israël.
💡 Mon conseil de pro : Ne confondez plus « exonéré d’impôt » et « dispensé de déclaration ». C’est là que se jouent les amendes et les complications inutiles.
3. Le cadeau inattendu de 2026 : L’exonération sur les revenus israéliens
Pour encourager l’Alyah, le gouvernement a lancé une mesure inédite pour ceux qui arrivent entre fin 2025 et fin 2026.
Pour la première fois, vous pouvez bénéficier d’une exonération d’impôt sur vos revenus gagnés en Israël (salaire ou indépendant), dans une limite assez généreuse (jusqu’à 1 000 000 de shekel selon les années). C’est un coup de pouce énorme pour démarrer votre activité locale sans la pression fiscale immédiate.
4. Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ?
Parce que la fiscalité entre la France et Israël est un pont fragile. Entre les conventions de non-double imposition et ces nouvelles règles de 2026, l’improvisation n’a plus sa place.
Aujourd’hui, quand on planifie une Alyah, on ne regarde plus seulement le billet d’avion, on prépare son « Bilan de Patrimoine Mondial ». Déclarer ses actifs étrangers ne signifie pas qu’on va vous les prendre, cela signifie simplement que vous jouez cartes sur table avec votre nouveau pays d’accueil.
En résumé : Ce qu’il faut retenir
- Avant 2026 : Pas d’impôt, pas de déclaration.
- Dès 2026 : Toujours pas d’impôt (pendant 10 ans), mais déclaration obligatoire dès l’arrivée.
- Le Bonus : Une aide fiscale inédite sur vos revenus locaux pour les arrivants de 2026.
Gérer vos impôts ne doit pas être plus stressant que de rater la cuisson d’un glaçage au fromage frais. Avec un bon accompagnement et une déclaration carrée dès le départ, vous profitez de votre nouvelle vie en toute sérénité.