On ne parle plus d’une petite mise à jour de routine, mais d’un véritable séisme dans le monde de l’Alyah et de la gestion de patrimoine.
Depuis le 1er janvier 2026, le cadre légal a radicalement changé. Pour les résidents français qui s’installent aujourd’hui, c’est un tout nouveau monde réglementaire qui s’ouvre.
1. Amendement 272 : La fin de l’exonération de déclaration pour les Olim
Jusqu’à l’année dernière, l’Oleh Hadash était invisible pour le fisc israélien : on ne payait rien sur les revenus de l’étranger, et on n’avait strictement rien à déclarer.
C’est définitivement terminé. Israël a dû s’aligner sur les standards de transparence de l’OCDE. L’Amendement 272 change la donne pour toute personne devenant résident fiscal en Israël à partir du 1er janvier 2026.
Ce qui change :
- L’exonération d’impôt reste maintenue pendant 10 ans sur les revenus hors d’Israël.
- L’exonération de déclaration est supprimée.
Conséquence : Vous devez désormais remplir un rapport annuel et lister l’ensemble de vos actifs mondiaux (comptes bancaires hors Israël, revenus locatifs en France, dividendes de sociétés françaises…), même si le taux d’imposition reste à 0 % en Israël.
2. Le « Cadeau de Bienvenue » de la loi de Mars 2026
Pour faire passer la pilule de la transparence obligatoire, le gouvernement a voté une mesure incitative majeure le 30 mars 2026.
Si vous transférez votre résidence fiscale entre fin 2025 et fin 2026, vous pouvez être exonéré d’impôt sur votre salaire ou vos revenus d’indépendant générés en Israël, pendant 5 ans.
Les plafonds sont très généreux et peuvent aller jusqu’à 1 000 000 ₪ par an selon les profils.
Le deal de l’État israélien : « Déclarez-nous ce que vous possédez ailleurs dans le monde, et en échange, on vous laisse garder la quasi-totalité de ce que vous gagnez ici pour lancer votre business localement. »
Tableau comparatif : L’Alyah avant vs après la réforme de 2026
| Dispositif Fiscal | Alyah AVANT le 1er janvier 2026 | Alyah DEPUIS le 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| Impôt sur les revenus étrangers | 0 % pendant 10 ans | 0 % pendant 10 ans (inchangé) |
| Déclaration des avoirs mondiaux | Dispense totale | Obligatoire dès la 1ère année |
| Impôt sur l’activité en Israël | Barème standard | Exonération jusqu’à 1M ₪/an pendant 5 ans |
| Sociétés étrangères (SAS/SARL) | Zone grise tolérée | Contrôle renforcé |
3. Diriger une société française depuis Israël : Attention au piège !
Si vous possédez une société en France (SAS, SARL, SCI) et que vous continuez à la piloter depuis Israël, vous êtes dans le viseur du fisc.
Risque de requalification :
Selon la loi israélienne, si le « contrôle et la direction » d’une entreprise sont exercés depuis le territoire israélien, la société étrangère peut être requalifiée en société locale et taxée sur ses profits mondiaux au taux de 23 %.
La nouvelle loi prévoit des allégements temporaires, mais c’est un fil sur lequel il faut marcher avec une extrême précaution. Une structuration via une Holding en Israël est souvent une piste à étudier.