En Israël, le concept d'impôt sur la fortune, tel qu'il existe en France (comme l'IFI sur le patrimoine immobilier), est quasiment inexistant. Le système fiscal israélien privilégie historiquement l'imposition des revenus générés et des gains en capital, plutôt que la simple détention d'un patrimoine passif.
Cependant, l'absence d'ISF ne signifie pas une absence totale de fiscalité pour les patrimoines importants. Il existe des taxes spécifiques qui s'appliquent directement aux hauts revenus et aux propriétaires de plusieurs biens immobiliers.
En tant qu'expert-comptable et fiscaliste, je vous explique en détail le fonctionnement du système israélien en 2026.
1. Pas d'ISF ou d'IFI : Une détention d'actifs non taxée
Il n'y a aucun impôt annuel sur la détention de patrimoine en Israël. Que vous possédiez des comptes bancaires importants, des bijoux, des voitures de luxe, des portefeuilles d'actions ou plusieurs résidences, vous n'avez généralement aucune taxe annuelle à payer sur leur valeur vénale brute, tant que ces actifs ne génèrent pas de revenus (intérêts, dividendes ou loyers).
2. La "Taxe sur les Hauts Revenus" (Mas Yasaf)
Bien qu'il ne s'agisse pas d'un impôt sur la fortune au sens propre, le Mas Yasaf est une surtaxe qui touche de plein fouet les contribuables ayant des revenus élevés.
Si votre revenu annuel imposable global dépasse le seuil légal (environ 720 000 ILS par an en 2026), vous devez payer une taxe supplémentaire de 3 % sur la part des revenus qui excède ce plafond.
Ce calcul intègre l'ensemble de vos revenus : salaires, bénéfices commerciaux, revenus fonciers et gains en capital (plus-values boursières ou immobilières).
3. La fiscalité immobilière : Le point de vigilance des investisseurs
Si Israël ne taxe pas la "fortune statique", il taxe très lourdement l'accumulation et la spéculation immobilières :
- Taxe sur l'achat (Mas Rekhisha) : Taux élevés pour les résidences secondaires et investissements locatifs (souvent dès 8 % pour les non-résidents).
- Taxe sur la plus-value (Mas Shevach) : 25 % sur la plus-value réelle lors de la revente (sauf résidence principale unique).
- L'Arnona : Taxe locale de services municipaux (équivalent de la taxe d'habitation).
4. Droits de succession : Un paradis de transmission familiale
C'est un avantage majeur du système israélien : il n'existe aucun droit de succession ni de taxe sur les donations en Israël.
Le patrimoine familial peut être transmis intégralement à la génération suivante sans aucun prélèvement fiscal, ce qui en fait un environnement extrêmement favorable à la préservation de la fortune familiale.
5. L'exonération de 10 ans pour les Olim Hadashim (Loi Milchan)
Si vous êtes un nouvel immigrant (Oleh Hadash) ou un résident de retour, vous bénéficiez d'une exonération totale d'impôts et de déclaration sur tous vos revenus produits à l'étranger pendant 10 ans :
- Loyers français
- Dividendes de sociétés étrangères
- Pensions de retraite
- Intérêts bancaires
Ces flux entrent en Israël en totale franchise d'impôt.
💡 Le conseil de l'expert : Optimisez votre structure de revenus
L'absence d'impôt sur la fortune ne dispense pas d'une stratégie patrimoniale rigoureuse. Pour les foyers disposant de revenus élevés, l'enjeu en 2026 est d'optimiser la nature et la structure de vos encaissements afin de ne pas déclencher inutilement la surtaxe de 3 % du Mas Yasaf.
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