Investir sur les marchés financiers et gérer un portefeuille d’actions en Israël est une excellente stratégie de valorisation de patrimoine. Cependant, les règles du jeu changent radicalement selon votre profil : êtes-vous un résident israélien de longue date ou un nouvel arrivant (Oleh Hadash) ?
En tant qu’expert-comptable diplômée du DSCG, je vous aide à décrypter les mécanismes fiscaux locaux pour faire fructifier votre capital en toute sérénité et en parfaite conformité.
1. La règle de base en Israël : La "Flat Tax" de 25 %
En Israël, la fiscalité sur les revenus de capitaux (plus-values boursières et dividendes) est relativement simple, mais elle cache deux subtilités majeures et très avantageuses :
- Imposition sur le gain réel (indexation sur l’inflation) : Israël ne taxe que le profit réel. On déduit l’inflation de votre gain brut avant d’appliquer l’impôt de 25 %. C’est un mécanisme protecteur en période de hausse des prix.
- Compensation des moins-values : Une perte réalisée sur une action peut gommer un gain sur une autre au cours du même exercice. Ces pertes sont reportables indéfiniment sur les années suivantes, à condition de les déclarer.
2. Le privilège de l’Oleh Hadash : 10 ans d’exonération fiscale
Si vous avez fait votre Alyah il y a moins de 10 ans, vous bénéficiez d’un régime d’incitation fiscale exceptionnel :
- Exonération totale d’impôt : Vos investissements situés hors d’Israël (comptes titres en France, CTO aux USA, etc.) sont totalement exonérés d’impôts sur les plus-values et dividendes en Israël pendant 10 ans.
- Nouvelle obligation déclarative 2026 : Depuis le 1er janvier 2026, l’exonération de paiement reste en vigueur, mais l’obligation de déclaration devient systématique dès la première année.
3. La "Surtaxe" (Mas Yisaf) pour les hauts revenus
Pour les portefeuilles les plus performants, il existe une taxe supplémentaire de 3 % appelée la Mas Yisaf.
Elle s’applique si l’ensemble de vos revenus annuels globaux (salaires + revenus fonciers + gains boursiers) dépasse environ 721 012 ₪ en 2026. C’est un paramètre à intégrer dans votre stratégie de sortie de fonds.
4. Gestion pratique : Banque israélienne vs Compte à l’étranger
Le choix de l’établissement financier modifie complètement vos obligations :
- Via une banque ou courtier en Israël : L’établissement joue le rôle de collecteur d’impôt. La taxe de 25 % est prélevée automatiquement à la source. C’est l’option la plus simple.
- Via un compte à l’étranger : Vous devez effectuer une déclaration annuelle. Notre cabinet retraite vos gains selon les règles israéliennes et active les conventions internationales pour éviter la double imposition.
💡 Le conseil de l’experte : Optimisez votre fenêtre de tir
La période de 10 ans suivant votre Alyah représente une fenêtre de tir incroyable pour faire fructifier un capital sans aucun frottement fiscal. Cependant, il faut structurer correctement votre départ de France pour éviter que le fisc français ne continue de vous considérer comme résident fiscal.
Vous souhaitez faire le point sur vos portefeuilles d’actions ? Analysons ensemble vos différents comptes français et israéliens pour définir la stratégie d’optimisation la plus efficace et sécurisée.