Sarah Costa
Temps de lecture: 6 min Droit du travail

Les congés payés en Israël : Un guide complet

Les congés payés en Israël - Guide complet 2026

Le système de congés payés en Israël est régi par la Loi sur les congés annuels (Annual Leave Law, 1951). Unique à plusieurs égards, ce système diffère sensiblement de celui en vigueur en France ou en Belgique. En Israël, le congé est perçu non pas comme une compensation monétaire, mais comme un bénéfice social visant à permettre au salarié de se reposer et de récupérer.

Voici un détail complet des droits, obligations et particularités des congés payés en Israël.

1. Le quota légal minimum : un système progressif

Contrairement à un nombre de jours fixe, le droit israélien prévoit une échelle basée sur l’ancienneté du salarié chez le même employeur ou dans le même lieu de travail. Plus vous restez longtemps dans une entreprise, plus vous accumulez de jours.

Années d’ancienneté Jours de congé annuels
1 à 4 ans 14 jours (certaines sources parlent de 12 à 16 jours)
5 ans 16 jours
6 ans 18 jours
7 ans 21 jours
À partir de 8 ans 24 à 28 jours

Il est essentiel de noter que le quota dépend de la semaine de travail. Par exemple, un employé travaillant 5 jours par semaine a droit à au moins 12 jours de congé payés par an durant ses 4 premières années, tandis qu’un employé travaillant 6 jours par semaine a droit à 14 jours.

2. L’accumulation et le report : Attention aux pertes

Le système israélien n’autorise pas le report automatique des congés sans conditions :

  • Le report est limité : le principe par défaut est qu’un salarié doit utiliser ses jours de congé dans l’année. Cependant, il est possible de les reporter à condition d’avoir utilisé au moins 7 jours calendaires dans l’année écoulée. Les jours restants peuvent alors être reportés, mais ils doivent être consommés dans les deux années suivantes.
  • La règle du « use it or lose it » (légèrement assouplie) : si un employeur ne fixe pas les dates de congé ou reste passif, la jurisprudence peut interpréter cette inaction comme un accord pour le report.
  • Situation d’urgence (nouveauté 2026) : une nouvelle disposition permet désormais aux salariés d’accumuler leur solde de vacances sans l’accord de l’employeur dans des cas spécifiques liés aux réservistes ou aux situations d’urgence nationale.

3. La fixation des dates : Qui décide ?

Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas le salarié qui impose ses dates de vacances en Israël :

  • Pouvoir de l’employeur : la loi donne le dernier mot à l’employeur concernant le moment où le congé est pris. Il doit toutefois consulter le salarié et lui donner un préavis d’au moins 14 jours avant le début du congé.
  • Congé continu : si le salarié a accumulé suffisamment de jours, il a droit de prendre une période continue d’au moins 7 jours de congé.
  • Forfait jours : le système ne repose pas sur une logique de « forfait jour illimité » à l’américaine. Les politiques « unlimited vacation » doivent être adaptées à la loi israélienne et ne peuvent en aucun cas descendre en dessous des quotas minima légaux.

4. La rémunération des congés : une particularité locale (Dmei Havraa)

Un aspect unique et souvent méconnu du droit israélien est le paiement des frais de villégiature (Dmei Havraa – דמי הבראה).

Il ne s’agit pas d’un supplément de salaire, mais d’un budget versé par l’employeur pour permettre au salarié de financer ses vacances (hébergement, voyages). Ce montant est calculé en fonction du nombre de jours de congé pris (généralement versé lors de la prise de 7 jours consécutifs).

Note importante : les cadres supérieurs (signataires de contrat « Nihul ») peuvent parfois renoncer à ce droit spécifique dans leur contrat.

5. La rupture du contrat : le rachat obligatoire

Si le salarié quitte l’entreprise (démission ou licenciement), l’employeur doit lui payer tous les jours de congé accumulés et non utilisés.

6. Cas particuliers et exceptions

  • Travailleurs à temps partiel : ils ont droit aux congés proportionnellement à leur nombre d’heures ou de jours travaillés.
  • Conventions collectives : environ 30 % de la main-d’œuvre israélienne est couverte par des conventions collectives, qui offrent souvent des conditions plus favorables que la loi.
  • Pendant l’état d’urgence : en cas de guerre ou de crise majeure, l’employeur peut obliger les salariés à utiliser leurs jours de congé payés si le travail est impossible, à condition de respecter les délais de préavis.

Résumé pour l’employeur ou le salarié étranger

Critère Règle en Israël
Acquisition Dès le premier jour, par cumul mensuel (environ 1,5 jour par mois la première année)
Perte des jours Possible si non utilisés après 2 ans de report (sauf situation d’urgence)
Décision des dates L’employeur a le dernier mot
Rachat Interdit pendant le contrat (sauf à la fin) pour préserver le repos du salarié
Prime spéciale Oui (Frais de villégiature / Dmei Havraa) en plus du salaire
Sarah Costa - Expert Comptable

Sarah Costa

Expert-comptable diplômée du DSCG (DESCF) de France, avec plus de 5 ans d’expérience en Israël. Spécialisée dans l’accompagnement des entrepreneurs et particuliers francophones pour la gestion de la paie et du droit du travail.

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